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Calendrier Maya

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Il y a peu de sujets qui, issus des mouvements alternatifs, ont eu un impact aussi important sur la société en général. D’une réflexion réservée au milieu des connaisseurs du Mexique, ce qu’il était dans les années 90, il est désormais du domaine public.

Tant de choses se disent à présent sur ce qui devrait se passer en l’an 2012. À tel point qu’aujourd’hui, il existe des articles consacrés à ce sujet sur des revues de large diffusion.

Malheureusement, diffusion rime souvent avec déformation. De la réflexion initiale, profonde et enrichissante qu’elle était, la voilà transformée parfois en idée plutôt simpliste qui véhicule un vieux réflexe de peur.

Surpris par l’intérêt du public sur la question, un éditeur italien me disait il y a cinq ans qu’il ne s’agissait que d’un effet de mode. Force est de constater, qu’il s’agit d’une vague de fond qui ne fait que commencer.

Représentation possible de Bolon Yokte, Codex Dresden, Villacorta edition, p. 28
Représentation possible de Bolon Yokte, Codex Dresden, Villacorta edition, p. 28

Le 13 novembre 2009 sortira en grande première aux États-Unis un film appelé 2012. Il s’agit d’un film à sensation qui décrit les événements de la manière la plus dramatique qui soit…

Pourquoi le 21 décembre 2012 ?

Le calendrier maya est composé d’années de 360 jours (tun). 400 années forment un baktun soit 144 000 jours. Le calendrier maya comprend 13 baktun au total. Puisque la fin du monde précédent a été fixée par les Mayas au 11 août 3114 av J.C., le calendrier cyclique redémarrera le 21 décembre 2012.

Inscription du monument n°6 concernant 2012, sur le site « El Tortuguero »

Cette inscription primordiale et à moitié effacée, du monument n° 6 sur le site de El Tortuguero au Mexique, indique qu’à la fin du 13° baktun, le dieu Bolon Yokte descendra sur la terre. Ce dieu est souvent représenté comme le Dieu du conflit, de la guerre et des mondes inférieurs.

Ce n’est donc pas de destruction qu’il s’agît, mais de la descente d’un dieu. Comme c’est le cas pour d’autres civilisations anciennes, il faut traduire « descente » par un changement d’attitude de l’humanité.

Les origines

Pour mieux le comprendre, il faut placer ce mouvement dans un contexte plus général. Depuis la naissance des grandes religions actuelles, la notion de « fin des temps » est une constante. Cette pensée eschatologique s’est beaucoup développée au sein du christianisme. Il suffit, pour s’en convaincre, de lire l’Évangile de Luc pour s’en convaincre : « Je vous le dis : cette génération ne passera pas sans que tout cela arrive »(1). Les Apôtres eux-mêmes étaient convaincus qu’ils seraient témoins du retour du Christ. Ne dit-il pas de Jean : « si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe ? »(2)

Puis, il y a eu la peur de l’an mille où beaucoup pensaient que le monde arrivait à sa fin. Cette crainte venait de la lecture de l’Apocalypse de Saint Jean : « Puis je vis descendre du ciel un ange, qui avait la clef de l’abîme et une grande chaîne dans sa main. Il saisit le dragon, le serpent ancien, qui est le diable et Satan, et le lia pour mille ans. Il le jeta dans l’abîme, ferma et scella l’entrée au-dessus de lui, afin qu’il ne séduisît plus les nations, jusqu’à ce que les mille ans fussent accomplis. […] Quand les mille ans seront accomplis, Satan sera relâché de sa prison. Et il sortira pour séduire les nations qui sont aux quatre coins de la terre. »(3)

Dans un autre ordre d’idées, souvenons-nous de la peur qui s’est vécue à la veille de l’an 2000. Toujours est-il que, depuis une vingtaine d’années, ce phénomène tend à s’accélérer. Il y a de plus en plus régulièrement des annonces de dates de bouleversements.

Tous ces mouvements ont en commun l’annonce d’une échéance au-delà de laquelle plus rien ne sera comme avant. Sur l’après-échéance règne toujours un flou qui laisse souvent la porte ouverte à toutes les peurs inconscientes.

 La fin du monde ?

Les informations les plus disparates circulent sur les journaux, certains livres et sur Internet. Comment ne pas être surpris par le nombre de choses parfois contradictoires qui peuvent se dire de-ci de-là. Il est bien difficile de se repérer dans un tel fatras d’information.

Qu’est-ce qui est de l’ordre du possible et qu’est-ce qui tient plutôt de l’imagination d’auteurs en mal de public.

La première chose qu’il ne faut pas perdre de vue lorsque que l’on aborde un tel sujet, c’est le bon sens. Ce bon sens profond, terrien qui est une véritable boussole pour comprendre la situation. Les choses vraies sont souvent simples et faciles à comprendre.

Combien d’annonces de grands bouleversements climatiques, de tremblements de terre, de cataclysmes de tout genre, n’entendons-nous pas ? La terre, comme tout ce qui existe, a connu un début et donc connaîtra une fin. Nourrir ce genre d’idées, c’est alimenter un réservoir de peur. Ce catastrophisme, n’est ce pas-là le levier dont se servent la plupart des gouvernements pour déclencher les guerres, pour limiter les libertés ? Est-ce que c’est vers ce mode de fonctionnement qu’il faut pencher ?

Ce mécanisme est assez classique au travers de l’histoire. Faut-il reproduire cette fameuse peur de l’an 1000 où des prédicateurs arpentaient les campagnes en prêchant la repentance ?

Je suis étonné par le pessimisme des théories avancées autour de 2012. Il y a 2000 ans, un homme répétait à qui voulait l’entendre : « hommes de peu de foi »(4). Ce discours n’a pas pris une ride.

Les descendants des Mayas eux-mêmes l’affirment, il ne s’agit pas de la fin du monde, mais de la fin d’un monde. Ce sont des modèles de pensée, des vieux réflexes qui sont en cours de changement. Il en va de l’humanité comme de nous-mêmes, les transformations ont besoin de temps pour mûrir. Un changement rapide et brutal ne servirait personne.

L’exigence de cohérence avec notre engagement intérieur nous fait porteurs d’espoir. Porteurs, non seulement par la parole, mais aussi par les actes concrets. Participer, accompagner le changement, et aussi parfois le précéder.

Quel changement nous attend ?

La stèle maya du site de El Tortuguero révèle que le Dieu Bolon Yokte « descendra » sur la terre. Au-delà du nom imprononçable, l’on sait peu de choses sur lui. Nous retrouvons en lui les caractéristiques de la Déesse égyptienne Sekhmet qui, selon la tradition, serait aussi « descendue » sur la terre. Elle partage avec Bolon Yokte les caractéristiques de Divinité de la guerre et des mondes inférieurs.

Il faut bien comprendre que les « mondes inférieurs » de l’époque ne sont pas les enfers tels qu’on peut en avoir la vision aujourd’hui. Ils sont à l’image de nos propres vieux démons intérieurs.

La venue de Sekhmet sur la terre, signifiait le déchaînement des passions, la libération des forces intérieures. Est-ce un hasard si son nom est devenu synonyme de thérapeute, au Moyen Empire ? Ses sacerdotes maîtrisaient les arts de la thérapie…

Aussi surprenant que cela paraisse aujourd’hui, la guerre, chez les Mayas, comme chez les Égyptiens, était surtout un moyen de résoudre les conflits, les désaccords. A l’image de la maladie, Sekhmet a été envoyée sur la terre pour percer un abcès.

On retrouve ce concept dans l’Inde ancienne qui parle de Kali Yuga(5) pour décrire l’époque actuelle. Kali Yuga se traduit par époque de Kali, la noire, ou encore époque du vice. Kali représente l’un des quatre aspects de la mère divine, celui de la destruction pour la reconstruction. Les passions sont laissées libres afin de nous permettre de retrouver notre nature essentielle. Les valeurs morales sont remises en question afin de faire naître de nouveaux principes basés plus sur l’expérience que sur la croyance. Kali et Sekhmet ont toutes les deux été associées à la phase des règles dans le cycle menstruel : une phase nécessaire afin de permettre un renouveau intérieur.  C’est ce que les Égyptiens ont imagé par le passage de la nature passionnelle de Sekhmet à la tête de lion, à la sérénité du sphinx qui, sans nier son corps de lion, a posé dessus sa tête d’homme.

Le point commun que l’on retrouve dans la plupart des récits apocalyptiques, c’est la description d’un état de confusion qui règne à l’approche du changement. Confusion où se mélangent toutes sortes d’informations. N’est ce pas ce que l’on observe déjà aujourd’hui ? Les canaux d’information se sont multipliés : internet, télévision, cinéma, téléphone. Ils donnent une caisse de résonance à tous ceux qui ont soif de sensationnalisme, ou agissent sur le levier de la peur. Des informations disparates s’accumulent et nous invitent toujours plus à exercer notre discernement. Il ne s’agit pas de rejeter quoi que ce soit, mais de reconnaître ce qui nous fait véritablement grandir.

À nous de savoir retourner au cœur de nous-mêmes pour pouvoir ressentir le « signal » silencieux. Celui qui nous permet de savoir si une affirmation résonne en nous ou pas. Le Christ résume ce concept par une parabole : « Les voleurs et les brigands sont venus, mais les brebis ne les ont pas écoutés. […] Le bon Berger. il connaît ses brebis, elles reconnaîtront sa voix ».(6)

A quel moment cela arrivera ?

La même question était posée au Christ il y a 2000 ans par les Apôtres eux-mêmes. Voici ce qu’il répond : « Voyez le figuier et tous les autres arbres. Dès qu’ils bourgeonnent, vous n’avez qu’à les regarder pour savoir que l’été est déjà proche. De même, vous aussi, lorsque vous verrez arriver cela, sachez que le royaume de Dieu est proche. »(7)

Quels sont les bourgeons ? Je crois que les premiers indéniables bourgeons ne sont autres que nous-mêmes. Depuis 20 ans, le nombre de personnes en recherche a considérablement augmenté. Le développement des médecines alternatives est sans précédent. La croissance du nombre de livres et de revues consacrés au développement personnel est exponentielle, mettant les livres spirituels à la portée de tous.

Dans les années 1980, nous étions bien peu nombreux à lire des livres qui, à l’époque, étaient appelés « ésotériques ». Ils étaient diffusés par une poignée de petits éditeurs et étaient souvent relégués à un petit rayon dans les librairies. Aujourd’hui les choses ont bien évolué.

Ce qui change aussi, c’est que ce mouvement, autrefois limité essentiellement au domaine spirituel, prend aussi une dimension sociale, politique. Une action concrète est en cours

Le message est clair : des signes sont sous nos yeux qu’un nouveau monde est en train de naître. Aussi, au lieu d’interpréter les bouleversements cosmiques ou historiques comme signes avant-coureurs d’une catastrophe, le Christ y discerne au contraire l’annonce d’un avenir. Un renouvellement est déjà enclenché d’une manière irréversible et il a déjà commencé.

Derrière la parabole du figuier se cache aussi une autre lecture. Les arbres sont un point de repère étonnant. Ils suivent en direct la pulsation du cœur de notre humanité et nous renseignent sur l’état d’avancement du changement qui s’en vient. Depuis 25 ans que je travaille dans le domaine de la perception subtile, je peux affirmer qu’année après année, la qualité énergétique des arbres évolue. Ils sont des indicateurs très précis du changement de la terre.

Si on en croit les traditions anciennes, chamaniques, les choses sont suivies de très près au niveau du cœur de l’humanité, c’est-à-dire le soleil central au centre de la terre. Celui qui a été appelé le « roi du monde »(8) dans le bouddhisme tibétain ou encore « Mahatma de la terre ».

Comment se préparer ?

A une époque où il est si facile de débattre d’idées et de concepts, il est plus que jamais important de se relier à la terre. C’est en plongeant ses racines au cœur de celle-ci, qu’il est possible de se relier à l’humanité comme un tout. Cette sensation donne une force peu commune, car il devient évident que l’on n’est plus une goutte isolée qui, à elle seule, ne peut rien. Bien au contraire, l’on devient la goutte qui sait qu’elle appartient à l’océan tout entier. On devient partie prenante de l’évolution de l’humanité elle-même.

Akhenaton et Nefertiti jouant avec leurs enfants, sous l’œil du dieu Aton

Pour aider cette prise de contact, voici une méditation simple inspirée de celles que pratiquaient les Égyptiens au temps du pharaon Akhenaton(9).

Il s’agit de s’asseoir et de prendre contact avec le sol, de sentir ses racines plonger dans le sol et de se mettre en contact avec la terre et d’appeler sa présence vibrante au centre de notre poitrine.

Lentement et avec fluidité, il s’agit de placer la conscience au centre de la terre jusqu’à s’identifier avec le centre de la terre. Au bout d’un certain temps d’imprégnation de notre amour, la présence du cœur de la terre va se confondre avec la présence de notre cœur. Notre cœur devient le cœur de la terre, et le cœur de la terre, notre cœur. Dans ce moment de communion intense, ce sont les informations sur le futur de notre planète qui vont progressivement s’imprégner en nous. Ce ne sera pas forcément conscient, mais il y aura un lien qui, petit à petit, va se tisser entre la terre et nous mêmes et qui va permettre à notre travail de s’inscrire dans le schéma plus global de l’humanité.

Puis notre conscience pourra faire le chemin inverse en faisant revenir la conscience de la terre dans son ensemble au niveau du cœur. Puis la remercier pour l’expérience vécue.

Il existe un mécanisme auquel trop peu de personnes attachent de l’importance. Chaque nuit, que nous le voulions ou pas, nous ramenons à notre conscience beaucoup d’informations. Certains rêves sont très marquants et sont des indications précises quant à notre rôle dans le « grand plan ». Par des touches successives le langage des rêves nous indique un chemin à prendre et nous prépare au rôle que nous aurons à jouer, aussi humble qu’il soit.

En guise de conclusion

En ces temps de changements, je crois que nous avons une responsabilité particulière. Si nos idéaux ne se reflètent pas dans une action concrète, quel discours peut-on tenir ? Les mots sont vains s’ils ne sont pas accompagnés de faits.

La maladie dont nous souffrons aujourd’hui comme humanité est celle de ne pas aller jusqu’au bout de nos idées. Nous commençons une réflexion sans aller jusqu’à ses conséquences. Par peur, par sentiment de culpabilité, nous retenons la force de ce qui bat au cœur de nos poitrines.

Si nous avons entamé un véritable parcours intérieur, la première question à nous poser est de savoir comment aider le mécanisme de changement qui est à l’œuvre. C’est un véritable réveil des consciences qu’il nous faut accompagner. Pour qu’il soit possible, n’oublions pas le vieux proverbe : « charité bien ordonnée commence par soi-même ».

La vie nous demande plus que jamais de commencer par changer en nous-mêmes ce que nous voudrions voir évoluer dans l’autre. Gandhi disait très justement à ce sujet : « Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde. »

Le rôle des forces de séparation que nous vivons aujourd’hui est de désunir pour nous apprendre l’importance de la cohérence intérieure. Elles nous induisent à mentir, à nous mentir à nous-mêmes pour nous apprendre la force de la vérité intérieure. C’est, à peu de choses près, ce que le prophète Mahomet disait à l’un de ses disciples en parlant des temps de la fin.(10)

Savoir que la terre s’approche d’une phase de mutation ne doit pas nous faire perdre l’instant présent. Bien au contraire, cela donne une autre intensité au regard que l’on pose sur la réalité. Cela permet de se poser la question de ce qui nous fait vivre et respirer. Une présence à tous les instants de nos vies qui nous permet d’en être à la fois acteur et spectateur.

Bernard Rouch


Notes

  1.  Luc XXI, 33
  2.   Jean XXI, 23
  3.  Apocalypse (XX, 1 à 8.)
  4.  Mathieu XIV, 31
  5.  Surya-Siddhanta: A Text Book of Hindu Astronomy (1858) by Ebenezer Burgess Kessinger Publishing
  6.  Jean X, 8
  7.  Luc XXI, 33
  8.  F. Ossendowski « Bêtes Hommes et Dieux », Éd J’ai Lu A 202. Lobsang Rampa, « Twilight » Corgi Books n° 0552 09767 5 page 20
  9.  Daniel Meurois-Givaudan « Ainsi Soignaient-ils », Éd Le Passe Monde
  10.  Abd al-Rahman ibn Sakhr Al-Azdi, « Bukhari »

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